Chronique de voyage d’une européenne en Iran

28 juin 2016 11:49

Il y a quatre ans, j’ai décidé de m’inscrire en licence de Persan afin d’apprendre une nouvelle langue celle utilisée par de grands poètes tel que Rûmi et ce fut donc une évidence pour moi de partir visiter ce pays qui je savais n’avait pas bonne réputation en Occident. Voici le récit de mon voyage en Iran avec Citizen Trip.

Une certaine crainte d’être une femme laïque

Je suis partie avec l’idée de découvrir une nouvelle culture, de nouveaux paysages. Et aussi une certaine crainte, celle d’être une femme, celle d’être laïque, celle d’être une jeune parisienne indépendante dans mes choix et mes actes. Mais rapidement dès les premières heures, les premières rencontres… mes craintes ont totalement disparu et mon excitation a dépassé toutes mes attentes.

Vite dissipée par ces regards bienveillants

Un voyage en Iran incroyable… Ces rues colorées et traditionnelles, cette odeur de rose, ces espaces verts, ces sourires, ces regards bienveillants des Téhéranais qui nous croisent. Cette volonté de nous faciliter notre séjour. Ces jeunes à la pointe de laPhoto du compte Instagram richkidsoftheran mode. C’est vrai, une femme ne peut pas sortir sans son voile sur la tête. Mais ce n’est pas aussi austère, c’est même devenu une façon d’exposer sa coquetterie, des voiles colorés, unis, fleuris aux motifs les plus atypiques, des vers de poèmes, des oiseaux… Bref, une façon de détourner ce que l’état a imposé. Personnaliser ce que l’on pensait impersonnalisable. Et finalement, ce voile ne devient qu’un détail qui ne marquera même plus mon esprit à mon retour tant d’autres souvenirs l’occuperont. Les repas, les sons, les mosquées habillées de céramique, des décors tout droit sortis des mille et une nuits.

Même le tchador intégral (obligatoire pour pénétrer dans les mosquées et mausolées) vous sont prêtés à l’entrée. Oui ce n’est pas des plus pratique et loin de mes principes. Mais ils ont fait l’effort de ne pas le rendre plus insupportable qu’il ne l’est déjà de le porter en nous épargnant le noir corbeau remplacé par un imprimé fleuri sur toile blanche. Encore une fois, ce n’est pas pour plier mais pour respecter les musulmans venus prier.

Dans le tumulte de la vie, ils sont comme moi

Il est facile depuis notre maison (j’entends par là, notre pays) de regarder, voir ce pays comme celui qui pratique la peine deDans les rues de Téhéran mort à tour de bras, flagelle les jeunes qui dansent et reste soumis à la lois religieuse, aux gouvernements tenus par des mains de fer. Mais en vérité, sur place, dans le tumulte de la vie, la ville, je me suis rendue compte que les gens, les jeunes, les vieux, le chauffeur de taxi, le serveur, la jeune étudiante, ils sont comme moi, ils aiment se balader dans les rues, le grand bazar, pique niquer dans les jardins, boire un café Latte sur une terrasse au style parisien, faire du shopping et lire des poèmes. Le voile les irrite autant que nous mais ils savent vivre avec et profiter du reste. Et ce pays, ces villes, ces campagnes, ces mers, ces montagnes ne manquent pas de nous surprendre…

Un voyage en Iran, un séjour, incroyable. Et je ne pense qu’à une chose, y retourner et bien sur espérer qu’avec le temps, la nouvelle génération saura conserver, préserver ses traditions tout en faisant plier ces barrières qui ternissent l’image de ce pays historique.

Shynne Park
Séjour de tourisme de 2 semaines en Iran
Avril 2016

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Catégories : Iran, Tourisme Solidaire